Cameroun : Décès de Bassek Ba Kobhio, monument du cinéma africain, et fondateur des «Ecrans noirs»

YAOUNDÉ, 12 mai 2026 (BI MÉDIA) Le monde de la culture est en deuil. Le cinéaste, producteur et écrivain camerounais Bassek ba Kobhio, figure de proue du septième art sur le continent, s’est éteint ce mardi 12 mai 2026 des suites de maladie, a-t-on appris de sources concordantes.

Fondateur et Délégué général de l’association Écrans Noirs, Bassek ba Kobhio avait créé en 1997 le festival éponyme à Yaoundé. En près de trois décennies, il a transformé cet événement en une plateforme incontournable, faisant de la capitale camerounaise le carrefour du cinéma d’Afrique centrale et une vitrine pour les talents émergents du continent.

Né le 1er janvier 1957 à Nindjé, ce passionné de l’image et du verbe aura consacré l’essentiel de sa carrière à une ambition claire : permettre aux Africains de raconter leurs propres histoires et de projeter leurs réalités sur les écrans du monde entier.

Une œuvre engagée entre littérature et grand écran

Avant de devenir un pilier de l’organisation événementielle, Bassek ba Kobhio s’est illustré par une filmographie marquante. Parmi ses œuvres majeures figurent notamment :

Sango Malo (1991) : Une critique sociale acérée sur l’éducation et les traditions en milieu rural.Le Grand Blanc de Lambaréné (1995) : Un regard singulier et démythificateur sur la figure du Dr Albert Schweitzer.

Également écrivain, il maniait la plume avec la même rigueur que la caméra, explorant les complexités sociopolitiques de l’Afrique post-coloniale.

Une perte majeure pour le patrimoine culturel

La disparition de « BBK », comme le surnommaient ses pairs, suscite une vive émotion au sein de la communauté artistique internationale. Sa rigueur intellectuelle et son engagement pour la professionnalisation de l’industrie cinématographique laissent un vide important.

L’annonce de ses obsèques fera l’objet d’un communiqué ultérieur de la part de sa famille et de l’organisation Écrans Noirs. Avec son départ, le Cameroun perd l’un de ses plus grands ambassadeurs culturels du XXIe siècle.

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