Cameroun : Tensions ouvertes entre le préfet du Wouri et le gouverneur du Littoral sur fond de litige foncier

YAOUNDÉ, 22 mai 2026 (BI MÉDIA) – Une crise institutionnelle inédite secoue la haute administration de la région du Littoral au Cameroun, où le préfet du département du Wouri accuse formellement son supérieur hiérarchique direct, le gouverneur, d’orchestrer une « cabale » contre lui en marge d’un différend domanial à Douala.

La fuite sur les réseaux sociaux d’une correspondance officielle datée du 14 avril 2026, référencée N° 44/2026/L/C19/SP et adressée au ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a mis au jour l’intensité du conflit qui oppose le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, au gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua.

Dans ce document de deux pages, le préfet du Wouri dénonce une « machination savamment orchestrée par le Gouverneur […] et ses affidés ». Selon l’autorité préfectorale, le gouverneur aurait profité d’un passage à l’Aéroport international de Douala pour réunir les chefs du Ngondo et les inciter à rédiger un pamphlet contre sa personne. Cette initiative viserait à relayer une pétition de chefs de cantons dénonçant une « fictive spoliation du domaine public » au lieu-dit Japoma-Bakoko (Bwang-Bakoko).

Au cœur du différend se trouve un litige foncier portant sur l’occupation d’une dépendance du domaine public routier d’une superficie de 4000 m². Le préfet y désigne nommément un opérateur, qualifié de « prédateur foncier », détenteur selon lui d’un titre foncier global de 9 hectares et qui chercherait à s’accaparer l’espace routier attenant. M. Mvogo réaffirme sa probité, affirmant avoir refusé de pactiser avec un « cartel de prédateurs fonciers », et sollicite du ministre l’ouverture d’une enquête officielle.

Les répercussions de cette rupture administrative se sont manifestées publiquement lors du défilé de la fête nationale le 20 mai à la place de la Besseke à Douala. Plusieurs témoins rapportent que le gouverneur Ivaha Diboua a publiquement évité de serrer la main du préfet Mvogo lors du protocole officiel, illustrant la dégradation des rapports professionnels entre les deux figures de l’autorité de l’État dans la capitale économique.

Cette crise ouverte au sein du commandement territorial place le ministère de l’Administration territoriale devant l’impératif d’arbitrer un conflit de compétences et d’éthique qui fragilise l’image de la haute fonction publique dans une région économiquement stratégique pour le pays.

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