CAN 2025 : Le roi du Maroc gracie les supporters sénégalais condamnés pour hooliganisme

RABAT, 24 mai 2026 (BI MÉDIA) – Le roi du Maroc, Mohammed VI, a accordé samedi une grâce royale aux quinze supporters sénégalais encore détenus dans le royaume à la suite des graves incidents survenus à la mi-janvier lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) à Rabat, a annoncé le cabinet royal dans un communiqué.

Cette mesure de clémence, motivée par des « considérations humaines », intervient alors que trois autres supporters du groupe initial de dix-huit personnes venaient d’être libérés après avoir purgé l’intégralité de leur peine de trois mois d’emprisonnement.

Selon les termes du communiqué officiel, cette décision souveraine s’appuie sur « les relations fraternelles séculaires qui lient le royaume du Maroc et la république du Sénégal », et coïncide avec « l’avènement de l’Aïd al-Adha » (la Tabaski), une période traditionnellement propice aux gestes de conciliation.

Les faits remontent au 18 janvier dernier au stade Moulay-Abdellah de Rabat. Au terme d’une finale particulièrement tendue commencée fin décembre 2025, la sélection sénégalaise s’était imposée sur le terrain (1-0). La rencontre avait basculé dans le chaos dans le temps additionnel de la seconde période, à la suite d’un but refusé au Sénégal immédiatement suivi d’un penalty accordé à l’équipe marocaine. En signe de protestation, les joueurs sénégalais et leur sélectionneur, Pape Thiaw, avaient quitté la pelouse. Dans les tribunes, des mouvements de foule et des jets de projectiles vers l’aire de jeu avaient été enregistrés.

En février, un procès en première instance, confirmé en appel, avait débouché sur des condamnations allant de trois mois à un an de prison ferme pour hooliganisme. Les prévenus étaient poursuivis pour des violences exercées contre les forces de l’ordre, l’invasion du terrain, des jets de projectiles et la dégradation d’équipements sportifs. Le parquet avait alors appuyé ses réquisitions sur les enregistrements des caméras de surveillance et sur les bilans médicaux des stadiers et policiers blessés, évaluant le montant des dégâts matériels à plus de 370 000 euros. Des accusations que la défense a constamment rejetées.

Interrogé par RFI, Me Patrick Kabou, conseil d’une grande partie des ressortissants sénégalais, a confirmé que la sortie de prison des détenus était attendue dès samedi soir. De son côté, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a réagi sur le réseau social X en exprimant ses « remerciements les plus sincères » au souverain chérifien pour cette décision « empreinte de clémence et d’humanité », précisant que les supporters regagneraient prochainement leur pays.

Ce geste politique fort intervient après plusieurs mois de crispations bilatérales, marquées par des tensions récurrentes et des invectives sur les réseaux sociaux. Si la décision royale semble amorcer une phase d’apaisement de part et d’autre, le volet sportif de ce contentieux demeure ouvert. Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) avait d’abord sanctionné les deux fédérations pour des manquements aux principes du fair-play.

Par la suite, le 17 mars, l’instance faîtière du football africain a attribué la victoire finale de la compétition au Maroc sur tapis vert, sanctionnant l’abandon du terrain par l’équipe sénégalaise. La Fédération sénégalaise de football a formellement contesté cette sentence devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui n’a pas encore communiqué le calendrier de sa délibération.

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