KAMPALA, 24 mai 2026 (BI MÉDIA) – Dix pays d’Afrique subsaharienne font face à un risque imminent de propagation de l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola, qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, a mis en garde samedi l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC).
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Kampala, le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a dressé une liste fine des nations menacées : le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie. À l’exception de l’Éthiopie, l’ensemble de ces États partagent une frontière terrestre avec la RDC ou l’Ouganda, les deux foyers actifs de la maladie.
En RDC, la situation épidémiologique continue de se détériorer. Selon le dernier bilan émis samedi soir par le ministère congolais de la Santé, le pays enregistre désormais 867 cas suspects et 204 décès cliniquement imputables au virus. Cette 17e épidémie sur le territoire congolais s’impose déjà comme « la deuxième plus importante au monde en termes de nombre de cas » après la crise historique qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016, a précisé le Dr Kaseya. Le dirigeant a souligné que l’apparition initiale de plus de 200 cas suspects dès la déclaration officielle témoignait de l’ampleur « énorme » de la flambée.
Cette trajectoire a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à rehausser, vendredi 22 mai, le niveau d’alerte sanitaire à « très élevé » pour la RDC. Dans la foulée, plusieurs capitales de la région, à l’instar de Kigali et de Kampala, ont instauré des restrictions ciblées sur les déplacements en provenance des zones touchées.
En Ouganda, le ministère de la Santé a fait état samedi de trois nouveaux cas confirmés, portant le bilan national à cinq patients touchés. Parmi les nouvelles contaminations figurent un chauffeur ougandais ayant véhiculé le cas index du pays, ainsi qu’une soignante infectée dans l’exercice de ses fonctions. Le troisième cas concerne une ressortissante congolaise entrée sur le territoire ougandais par voie aérienne.
Face à la porosité des frontières et à la forte mobilité humaine, une riposte institutionnelle concertée se dessine. Les ministères de la Santé de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud ont formellement adopté une feuille de route conjointe. Ce plan d’action prévoit le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’harmonisation stricte des protocoles de contrôle aux points d’entrée et une mutualisation de la gestion des incidents sous l’égide de l’Équipe continentale d’assistance à la gestion des incidents (IMST).
« Nous mettons en place une seule équipe, un seul plan, un seul budget et un seul modèle de mise en œuvre », a fait valoir le patron de l’Africa CDC, insistant sur le caractère indispensable d’une enveloppe de 319 millions de dollars pour financer efficacement cette réponse sanitaire d’urgence à l’échelle du continent.



