YAOUNDÉ, 12 juin 2026 (BCA) – La Cour suprême du Cameroun a décidé de proroger au 9 juillet prochain son délibéré concernant une requête cruciale dans l’affaire Martinez Zogo : l’accès complet au dossier de procédure. Ce report, qualifié de technique par l’institution, est motivé par l’absence du président de la chambre judiciaire, prolongeant ainsi l’attente des parties prenantes dans ce dossier emblématique.
Cette audience devant la plus haute juridiction du pays fait suite à un pourvoi en cassation déposé par la partie civile. Celle-ci conteste un arrêt de la Cour d’appel du Centre qui l’avait déboutée de sa demande visant à obtenir l’intégralité du dossier de procédure pour reproduction.
Dès l’ouverture des débats devant le Tribunal militaire de Yaoundé, la partie civile avait formulé cette requête, estimant cet accès indispensable à l’équité des débats et à la manifestation de la vérité. Si la défense s’était alors montrée favorable à cette démarche, le Parquet s’y était opposé, obtenant initialement gain de cause auprès des juges militaires. Ce refus a conduit la partie civile à engager une série de recours devant les juridictions supérieures.
En parallèle de cette procédure devant la Cour suprême, la Cour d’appel du Centre demeure le siège d’autres enjeux procéduraux majeurs. Deux fronts principaux y sont actuellement examinés :
- Complément d’information : La partie civile réclame de nouvelles investigations à la suite de l’interrogatoire de Thomas Alain Bodo Ndima, un témoin clé cité par le Commissaire du gouvernement. Cette demande, initialement rejetée par le Tribunal militaire, fait l’objet d’un appel.
- Liberté provisoire : Les conseils de plusieurs suspects, dont l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi que Heudji Serges et Saiwang Yves, ont introduit des requêtes formelles afin d’obtenir la mise en liberté provisoire de leurs clients dans l’attente de l’examen du fond de l’affaire.
La multiplication de ces recours souligne la complexité technique et la bataille procédurale acharnée qui caractérisent ce dossier, où chaque étape fait l’objet d’un contentieux nourri entre l’accusation, la défense et la partie civile.



