YAOUNDÉ, 30 juin 2026 (BI MEDIA) – L’enquête sur le meurtre de la petite Sylvana, 10 ans, survenu le week-end dernier au quartier Anguissa à Yaoundé, se poursuit. Si la suspecte a été interpellée, le rapport médico-légal et les déclarations de cette dernière orientent désormais les investigations vers des zones d’ombre complexes.
Le drame, qui a suscité une vive émotion dans la capitale camerounaise, s’est déroulé dans la nuit du samedi 27 juin 2026. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, la victime, restée seule au domicile familial, a ouvert sa porte à une jeune femme de 22 ans, voisine de la concession et connaissance de la famille.
L’agression qui a suivi a été d’une brutalité extrême. Alors que la suspecte, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, évoquait initialement avoir porté trois coups de couteau, les conclusions du médecin légiste viennent contredire cette version : la victime a reçu 17 coups de poignard.Interpellée le dimanche 28 juin dans un lieu de culte, la mise en cause a tenu des propos confus devant les forces de l’ordre, affirmant avoir agi sous une influence spirituelle. Elle a notamment cité plusieurs noms, prétendant avoir été « guidée » par des responsables liés à une église de réveil pour commettre cet acte.
Ces allégations placent désormais l’enquête sur deux axes distincts. D’une part, les services de police doivent déterminer l’état de santé mentale de la suspecte. D’autre part, ils doivent vérifier l’existence éventuelle de complices et établir les liens entre les déclarations de la jeune femme et les activités de la communauté religieuse qu’elle fréquente.
Ce dossier relance, au-delà du drame individuel, un débat récurrent au sein de l’opinion publique camerounaise sur l’encadrement des églises de réveil. Si ces structures occupent une place importante dans la vie sociale et spirituelle du pays, les autorités sont régulièrement interpellées sur les dérives observées au sein de certains groupes, accusés de pratiques de manipulation ou d’embrigadement.
Pour l’heure, les autorités judiciaires appellent à la retenue, soulignant que l’enquête devra établir avec précision la part de responsabilité de la suspecte et l’implication de tiers. L’instruction, toujours en cours, est suivie avec une attention particulière par les habitants du quartier Anguissa, dans l’attente de la lumière sur les circonstances exactes de ce crime.



