Taxe sur les téléphones : Vers un blocage massif de 700 000 terminaux non dédouanés

Téléphones non dédouanés dans le viseur du MINFI

YAOUNDÉ, 28 avril 2026 (BI MEDIA) – Le gouvernement camerounais a annoncé lundi que plus de 700 000 téléphones portables nouvellement connectés au réseau national entre le 1er et le 25 avril 2026 n’ont pas acquitté leurs droits de douane. Yaoundé a fixé un ultimatum au 30 avril pour la régularisation de ces terminaux, sous peine de blocage systématique.

Vingt-six jours après l’entrée en vigueur effective du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane, le premier bilan chiffré révèle l’ampleur de la contrebande numérique au Cameroun. Selon un communiqué officiel signé du Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, les bases de données du système indiquent que « 700 000 (sept cent mille) téléphones nouveaux se sont connectés pour la première fois au réseau local sans avoir été dédouanés ».

Cette réforme, qui s’appuie sur l’article 6 de la loi de finances pour l’exercice 2023, vise à sécuriser les recettes de l’État en automatisant la perception des taxes dès la première connexion d’un appareil à un réseau GSM local.

Phase de transition et sensibilisation

Malgré la capacité technique de la plateforme à restreindre l’accès au réseau, les autorités camerounaises ont opté pour une approche progressive. Le ministre a précisé que, pour cette phase de lancement, « le système n’a pas procédé au blocage systématique desdits téléphones, afin de poursuivre la sensibilisation ».

Cette mesure de clémence temporaire ne concerne que les terminaux activés pour la première fois depuis le 1er avril dernier. Les appareils connectés avant cette date ne sont pas soumis à cette nouvelle procédure de régularisation rétroactive.

Ultimatum au 30 avril

Toutefois, la fenêtre de tir pour les contrevenants se referme. Le Ministère des Finances invite les importateurs et les utilisateurs à régulariser leur situation douanière avant le 30 avril 2026. Pour encourager cette mise en conformité, le gouvernement propose une amnistie sur les pénalités : les intéressés peuvent procéder au paiement « sans amende ».

Le ton se fait néanmoins plus ferme pour la suite des opérations. « Passé ce délai, tous les terminaux ayant été importés en contrebande seront bloqués sans autre préavis », avertit le communiqué.

Enjeux budgétaires et sécuritaires

Au-delà de l’aspect fiscal, le gouvernement lie étroitement cette réforme à la stabilité intérieure du pays. Tout en saluant la « conformité volontaire » de certains contribuables, Louis Paul Motaze a appelé à la « pleine participation à la sécurité nationale ».

Le contrôle des identifiants IMEI (International Mobile Equipment Identity) permet à l’État d’assurer une meilleure traçabilité des terminaux circulant sur son territoire, dans un contexte où la régulation de l’espace numérique devient un pilier de la lutte contre la criminalité transfrontalière et le commerce illicite.

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