BÉTARÉ-OYA, 28 avril 2026 (BI MEDIA) – Le gouvernement camerounais a procédé lundi au démantèlement de plusieurs unités d’exploitation d’or non conformes dans la localité de Bétaré-Oya, région de l’Est. Cette opération, supervisée par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale d’assainissement du secteur extractif.
Le déploiement des autorités dans ce bassin minier stratégique a permis de mettre hors d’état de nuire des installations qui opéraient, selon le ministère, « en marge du cadre légal ». Ces unités étaient pour certaines implantées de manière illicite au sein même de périmètres faisant l’objet de permis de recherche, sans détenir les autorisations administratives requises.
Un déficit de transparence budgétaire
L’intervention gouvernementale s’appuie sur un diagnostic préoccupant des experts du secteur. Ces derniers pointent une déconnexion flagrante entre l’activité réelle sur le terrain et les revenus déclarés à l’État. « Les volumes d’or officiellement déclarés par certains exploitants restent dérisoires au regard des investissements observés sur place », indique le département ministériel, soulignant une présomption de dissimulation de production.
Le secteur de l’artisanat minier et de la petite mine au Cameroun reste en effet confronté à une forte prédominance de l’informel, ce qui entraîne une évasion fiscale importante et une dégradation non maîtrisée de l’environnement.
Reprise en main souveraine
À travers cette descente sur le terrain, Yaoundé affiche sa détermination à restaurer l’autorité de l’État sur ses ressources naturelles. Le ministère a tenu à rappeler une ligne de conduite ferme : « l’exploitation minière ne saurait prospérer en dehors des règles établies ».
Cette action de répression à Bétaré-Oya s’inscrit dans un programme plus vaste visant à garantir la traçabilité de l’or camerounais, de l’extraction jusqu’aux circuits de commercialisation. Pour le gouvernement, l’assainissement de la filière constitue un impératif pour accroître la contribution du secteur minier au Produit Intérieur Brut (PIB) et répondre aux exigences internationales de certification des minerais de développement.
D’autres opérations de ce type sont attendues dans les prochains jours dans les différents districts miniers de la région de l’Est.



