YAOUNDÉ, 12 juin 2026 (BCA) – À quelques jours d’un événement international majeur qui mobilise les attentions, les questions de fond liées à la gouvernance intérieure restent au cœur de l’agenda gouvernemental. Le 10 juin 2026, le ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Atanga Nji Paul, a tenu une séance de travail stratégique avec le Dr Magaran Monzon Bagayoko, représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Cameroun.
Au centre des échanges : la redéfinition du partenariat entre l’État et l’agence onusienne, avec une priorité affichée sur la « transition humanitaire ».
Vers un transfert de compétences
Cette rencontre, qui s’inscrit dans un contexte de suivi des questions de santé publique et de protection civile, a permis aux deux parties d’aborder les modalités d’un désengagement progressif des acteurs humanitaires internationaux. L’objectif, selon les autorités, est de transférer graduellement la gestion des activités de réponse humanitaire vers les structures nationales.
Le représentant de l’OMS a souligné l’importance de cette mutation, précisant qu’elle nécessiterait une étroite collaboration avec le Département de la protection civile, une composante clé du portefeuille du MINAT. Cette transition marque une volonté de renforcer la souveraineté nationale dans la gestion des populations vulnérables et des personnes déplacées, un dossier dont le ministre Atanga Nji assure la coordination pour le gouvernement.
Une collaboration saluéeLors des discussions, le Dr Magaran Monzon Bagayoko a rendu hommage à la synergie entre le ministère et les autorités administratives sur le terrain. Selon l’OMS, ce travail conjoint est indispensable pour la mise en œuvre efficace des activités de santé publique, notamment dans les zones où la logistique et l’accès aux populations restent des défis majeurs.
De son côté, le ministère de l’Administration territoriale a rappelé le cadre de ses missions régaliennes. Le MINAT, en vertu de ses prérogatives en matière de protection civile, est l’organe chargé de la coordination des actions nationales et internationales en cas de catastrophe. Le ministre Atanga Nji a réaffirmé, par le passé, la position du gouvernement concernant la gestion de l’aide, insistant sur le maintien de l’ordre public et le contrôle des opérations menées par des organisations tierces dans les zones sensibles.
Défis humanitaires et développement
Si la rencontre a été marquée par une convergence de vues sur la nécessité de préparer « l’après-aide », les défis demeurent importants. L’OMS a réitéré ses préoccupations concernant la prise en charge des populations déplacées et le besoin d’une assistance soutenue pour les segments les plus fragiles de la société.Ce dialogue s’inscrit dans une dynamique plus large au Cameroun, où le gouvernement cherche de plus en plus à articuler ses politiques sociales autour d’une stratégie de développement à long terme, plutôt que sur la seule gestion ponctuelle des crises.
Alors que le pays se prépare à vivre au rythme des grands rendez-vous sportifs mondiaux, cet échange entre le MINAT et l’OMS souligne la volonté de Yaoundé de consolider ses dispositifs de résilience nationale.



