Moyen-Orient : Trêve fragile au Liban et réouverture du détroit d’Ormuz

Guerre au Moyen-Orient

BEYROUTH / PARIS / WASHINGTON, 18 avril 2026 – Le premier jour du cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah libanais, entré en vigueur jeudi soir à 21h00 TU, est marqué ce vendredi par des violations sporadiques et une annonce majeure de Téhéran concernant la réouverture du détroit d’Ormuz. Si les cours du pétrole chutent de 10 % suite à cet apaisement maritime, les autorités israéliennes et le mouvement chiite s’avertissent mutuellement d’une possible reprise des hostilités.

Violations sporadiques et retour des déplacés

Au Liban-Sud, l’armée libanaise recense ce vendredi « un certain nombre de violations » de l’accord par les forces israéliennes, signalant des bombardements et des accrochages dans les secteurs de Bint-Jbeil et Khiyam. De son côté, le Hezbollah revendique une salve de roquettes contre un regroupement de soldats israéliens. Le président français Emmanuel Macron exprime sa « préoccupation » face à une situation « fragilisée par la poursuite d’opérations militaires ».

Malgré ces tensions, le niveau de violence reste sans commune mesure avec l’intensité des combats des jours précédents. Des centaines de voitures se dirigent vers le sud du fleuve Litani, en dépit des appels à la prudence lancés par l’armée libanaise et le président du Parlement, Nabih Berry, en raison de la persistance du danger.

Réouverture d’Ormuz et chute des cours du brut

Sur le plan stratégique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, déclare le détroit d’Ormuz « entièrement ouvert » pour les navires commerciaux. Cette décision est saluée par le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social. En réaction immédiate, le prix du baril de Brent perd 10,42 % pour s’établir à 89,03 dollars.

Toutefois, Donald Trump précise que le blocus naval américain sur les ports iraniens reste en vigueur tant qu’un accord définitif entre Téhéran et Washington n’est pas conclu. Parallèlement, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) rapporte un mécontentement croissant au sein des troupes des Marines mobilisées dans la région, confrontées à des problèmes de rationnement alimentaire.

Coalition internationale et souveraineté israélienne

À Paris, une réunion internationale regroupant 49 pays sous l’impulsion de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Allemagne aboutit à l’annonce d’une mission internationale « neutre et indépendante ». Cette force vise à garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz une fois les hostilités stabilisées. Donald Trump rejette pour sa part toute aide de l’OTAN, qualifiant l’organisation de « tigre de papier ».

En Israël, la classe politique se montre divisée. Si Benyamin Netanyahu affirme que l’armée n’a « pas encore fini le travail » contre le Hezbollah, l’opposition dénonce une souveraineté nationale mise à mal par les directives américaines. Des élus locaux et des habitants du nord du pays s’estiment « oubliés » par un gouvernement qui accepterait des conditions dictées depuis Washington.

Rappel du contexte

Le cessez-le-feu de dix jours annoncé par la Maison Blanche intervient après 45 jours d’un conflit ayant mobilisé des ressources militaires massives. Depuis le 28 février 2026, la région vit au rythme d’une guerre ouverte impliquant directement Israël et l’Iran. La trêve actuelle, bien qu’observée, reste précaire alors que l’armée israélienne maintient une présence militaire sur une profondeur de dix kilomètres en territoire libanais.

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