Cameroun : Le pouvoir minimise la plainte déposée par Issa Tchiroma en France

YAOUNDÉ, 16 juin 2026 (BI MÉDIA) – La procédure judiciaire engagée en France par l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary à l’encontre du président Paul Biya et de plusieurs cadres du régime continue de susciter des remous au sein de la classe politique camerounaise. Cette offensive juridique, qui fait suite à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, a provoqué une réaction ferme de la part du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).

Depuis son exil en Gambie, Issa Tchiroma conteste la gestion des résultats du scrutin d’octobre 2025 et dénonce des actes de répression et des traitements abusifs à l’encontre de citoyens ayant contesté les résultats. Par cette plainte déposée devant le Tribunal judiciaire de Paris, l’ancien candidat cherche à obtenir des poursuites judiciaires contre les autorités camerounaises.

Une stratégie jugée « communicationnelle » par le RDPC

Face à cette initiative, le pouvoir à Yaoundé affiche une sérénité marquée. Grégoire Owona, ministre du Travail et secrétaire général adjoint du RDPC, a rompu le silence pour qualifier la démarche de l’ancien ministre de manœuvre politique. Pour le cadre du parti au pouvoir, cette plainte ne constituerait pas une menace juridique tangible pour l’exécutif, mais relèverait d’une volonté de rester sous le feu des projecteurs après son éviction du gouvernement et son revers électoral.

« Tchiroma a un besoin d’existence qui justifie ce qu’il fait », a affirmé M. Owona, écartant toute préoccupation particulière de la part du RDPC, désormais tourné vers la préparation des prochaines échéances électorales plutôt que vers les sorties de l’ancien ministre.

Un divorce politique consommé

Cette passe d’armes met en lumière la rupture profonde entre Issa Tchiroma et ses anciens alliés. Longtemps figure de proue du pouvoir, l’intéressé s’est mué en un critique radical du régime suite à la présidentielle de 2025, actant la fin d’une longue collaboration politique.

Alors que les partisans de M. Tchiroma saluent une démarche destinée à obtenir justice pour les victimes des violences post-électorales, les responsables du RDPC perçoivent cette plainte comme un ultime combat politique, sans portée réelle sur le terrain national.

Si le volet juridique est désormais entre les mains de la justice française, le conflit politique entre l’ancien ministre et le pouvoir en place semble, quant à lui, s’enliser dans une guerre de déclarations qui polarise les débats publics, tant au Cameroun qu’au sein de la diaspora.

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