JOHANNESBURG, 16 juin 2026 (BI MEDIA) – La persistance des tensions liées à l’immigration en Afrique du Sud engendre désormais des répercussions tangibles au-delà des frontières nationales. Le secteur culturel, en particulier, se retrouve en première ligne, confronté à une vague d’annulations de concerts de ses artistes sur le reste du continent africain.
La ministre sud-africaine de la Justice et du Développement constitutionnel, Mmamoloko Kubayi, a exprimé ce dimanche une vive inquiétude face à cette situation. Dans une intervention sur les antennes de la SABC, elle a souligné que l’image de l’Afrique du Sud, dégradée par les récents épisodes de violences anti-migrants, commence à peser lourdement sur ses acteurs économiques et culturels à l’international.
Selon la ministre, les répercussions sont immédiates pour les artistes sud-africains, dont plusieurs voient leurs tournées et engagements annulés en cascade par des organisateurs à travers l’Afrique.
Mme Kubayi a illustré cette crise par le cas d’une artiste l’ayant sollicitée pour faire état de la suppression totale de ses dates de concerts prévues à l’étranger. « C’est un revenu perdu pour une Sud-Africaine », a-t-elle déploré, tout en exhortant ses concitoyens à une prise de conscience sur la portée de leurs actions au sein de la société sud-africaine.
Entre lutte contre l’immigration et stigmatisation
Face aux critiques virulentes émanant de plusieurs capitales africaines, le gouvernement de Pretoria tente de rectifier le tir. La ministre a réitéré que les opérations menées récemment par les forces de sécurité visaient exclusivement à réguler l’immigration illégale. Elle a réfuté toute volonté étatique de cibler spécifiquement les ressortissants étrangers, une nuance qui, dans les faits, peine à convaincre les opinions publiques du continent.
Le terme de « xénophobie », désormais systématiquement associé à la situation sud-africaine dans les médias régionaux, semble avoir ancré une perception de défiance durable. Cette atmosphère hostile ne se limite pas à la sphère culturelle ; des informations font état de difficultés croissantes pour certaines entreprises sud-africaines implantées ailleurs en Afrique, confrontées à un climat de rejet de plus en plus prégnant.
Alors que Pretoria cherche à préserver ses intérêts diplomatiques et économiques, l’isolement relatif qui se dessine sur la scène continentale pose un défi majeur au « soft power » sud-africain, historiquement fondé sur une image de nation arc-en-ciel ouverte et inclusive.



