YAOUNDÉ, 16 juin 2026 (BI MEDIA) – L’opérateur historique de téléphonie au Cameroun, Cameroon Telecommunications (Camtel), se retrouve au cœur d’une séquence d’interrogations après la publication, le 11 juin 2026, d’un Avis d’Appel d’Offres National Ouvert (AONO) portant sur la fourniture d’agendas et de calendriers pour l’exercice 2027.
L’opération, présentée par l’entreprise comme un levier de renforcement de sa visibilité auprès de ses partenaires et de sa clientèle, porte sur l’acquisition de 23 700 supports de communication. Le détail de la commande comprend 3 000 agendas classiques, 1 100 agendas VIP, ainsi qu’une gamme variée de calendriers : 5 000 muraux (bleus), 8 000 modèles « Blue de banque », 3 000 de table et 3 600 sous-mains. Le coût prévisionnel de ce marché a été arrêté à 133 millions de francs CFA toutes taxes comprises, avec un délai de livraison fixé à 90 jours après la notification de l’ordre de service.
Une pratique classique, des coûts questionnésSi la production de supports promotionnels est une pratique usuelle pour les grandes entreprises publiques et privées, le volume financier alloué à cette commande suscite des réactions dans l’opinion publique camerounaise. Plusieurs observateurs de la gouvernance des entreprises du portefeuille de l’État pointent du doigt le coût unitaire qui, selon une simple projection arithmétique, interroge sur la nature des prestations incluses.
« La question est de savoir ce que recouvre exactement cette enveloppe », souligne un analyste économique. « S’agit-il uniquement de l’impression, ou faut-il y intégrer des services à plus haute valeur ajoutée, comme la conception graphique spécialisée, le choix de matériaux de prestige pour la gamme VIP, ou encore les coûts logistiques de distribution sur l’ensemble du territoire national ? »
Contexte de restructurationCes interrogations surviennent dans un climat particulier pour Camtel, qui est actuellement engagé dans d’importants chantiers de modernisation de ses infrastructures télécoms et de restructuration de ses activités. Pour certains acteurs de la société civile, cette concomitance entre les priorités opérationnelles de l’opérateur et le budget alloué aux objets publicitaires justifierait une transparence accrue.
« Dans un environnement où l’exigence de bonne gouvernance est devenue un impératif, une communication plus détaillée sur les spécifications techniques et les critères d’évaluation financière permettrait de dissiper tout malentendu », soutient un expert en gestion publique.
À ce stade, aucune irrégularité procédurale n’a été relevée dans le dossier d’appel d’offres. La direction de Camtel n’a, pour l’heure, pas fourni de détails supplémentaires sur le contenu technique détaillé justifiant cette estimation budgétaire. Les regards sont désormais tournés vers les prochaines étapes de l’appel d’offres, alors que la question de l’optimisation des dépenses dans les entreprises publiques demeure un sujet de débat récurrent au Cameroun.



