YAOUNDÉ, 26 mai 2026 (BI MÉDIA) — La direction du Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Yaoundé a rendu publiques les conclusions de ses investigations médicales internes à la suite du décès, dans ses services, de Mme Assako Monentyam Clémentine. Cette mise au point officielle intervient dans un contexte de vives tensions et de propagation de versions contradictoires sur les réseaux sociaux mettant en cause la prise en charge de la patiente.
Selon le rapport chronologique communiqué par la formation sanitaire, la victime avait été transférée en urgence depuis une autre structure médicale de la capitale en raison d’un « état fœtal non rassurant ». Les autorités hospitalières soulignent qu’une césarienne d’urgence a été initiée moins d’une heure après son admission afin de parer aux complications immédiates.
C’est au décours de cette intervention chirurgicale qu’est survenu un saignement massif, qualifié d’incoercible. L’établissement rapporte que c’est à ce moment précis que la patiente aurait consenti à révéler aux équipes soignantes l’ingestion préalable d’un traitement issu de la pharmacopée traditionnelle, couramment utilisé pour accélérer le travail d’accouchement.
Malgré une réintervention chirurgicale d’urgence en bloc opératoire et le déploiement de protocoles de réanimation lourds, la patiente a succombé aux alentours de 21 heures. Les analyses cliniques ont conclu à une anomalie sévère de la coagulation sanguine, une pathologie fréquemment potentialisée par l’absorption de substances traditionnelles non dosées.
Sensible aux critiques récurrentes visant le système de santé camerounais quant à l’exigence de cautions financières préalables aux soins d’urgence, la direction du CHU a formellement démenti toute forme de conditionnalité pécuniaire dans ce dossier. Le communiqué précise à cet effet qu’aucun paiement n’a été exigé à l’entrée, alors même que les proches de la victime ne disposaient, selon l’inventaire hospitalier, que d’une somme de 50 000 francs CFA (environ 76 euros).
Tout en adressant ses condoléances à la famille éprouvée, l’administration hospitalière a réitéré ses appels à la prudence face à l’automédication traditionnelle en contexte obstétrical, tout en invitant l’opinion publique à la retenue face aux rumeurs numériques susceptibles de fragiliser la relation de confiance entre les usagers et le corps médical.



