Cameroun : Le scepticisme grandit face à l’attente du remaniement promis par Paul Biya

YAOUNDÉ, 26 mai (BI MEDIA) — L’attente d’un réajustement de l’exécutif camerounais et l’éventuelle configuration institutionnelle du pays continuent d’alimenter les analyses de la classe politique et des observateurs. Les récentes déclarations de l’homme politique Samuel Hiram Iyodi, combinées aux analyses de professionnels des médias, mettent en lumière le climat d’attentisme qui prévaut au sein de l’appareil d’État à Yaoundé.

Invité le 24 mai 2026 de l’émission de débat « La Vérité En Face » sur la chaîne Equinoxe TV, Samuel Hiram Iyodi a exprimé un scepticisme marqué quant à l’imminence du remaniement ministériel. Cette restructuration avait pourtant été annoncée par le président Paul Biya lors de son message à la Nation du 31 décembre 2025, le chef de l’État ayant alors promis une équipe gouvernementale renouvelée, caractérisée par une représentativité accrue des femmes et de la jeunesse.

Cinq mois après cette annonce solennelle, l’absence d’actes officiels est interprétée par M. Iyodi non pas comme un contretemps, mais comme une approche calculée de la part de la présidence de la République. « Je pense qu’il sait très bien ce qu’il fait : il laisse les têtes se cogner pendant qu’il gagne progressivement du temps », a-t-il analysé sur le plateau de télévision, suggérant que la situation actuelle relèverait d’une « stratégie du président de la République pour se maintenir au pouvoir ».

Le doute persiste également concernant l’activation du poste de vice-président, une perspective qui suscite de nombreuses conjectures sur la transition politique au Cameroun. Selon Samuel Hiram Iyodi, aucune contrainte constitutionnelle immédiate ne lie le chef de l’État sur ce dossier. « Je doute que dans les prochains jours, on assiste à une nomination à cette fonction-là », a-t-il affirmé, qualifiant les annonces successives de manœuvres de temporisation plutôt que de réformes structurelles.

Cette analyse rejoint les préoccupations exprimées par d’autres acteurs de la société civile et des médias. Dans une tribune publiée récemment, le journaliste Raoul Dieudonné Lebogo Ndongo a pointé du doigt les conséquences administratives de cette incertitude prolongée. Selon lui, un climat de latence s’est installé au sein de l’administration publique camerounaise, où de nombreux hauts responsables apparaîtraient davantage absorbés par la préservation de leur avenir politique que par la continuité et l’efficacité du service public.

Alors que le gouvernement actuel affiche une longévité historique depuis sa formation en janvier 2019, le contraste entre les promesses de renouvellement de l’appareil gouvernemental et la réalité du calendrier présidentiel demeure au centre des préoccupations politiques à Yaoundé.

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