Cameroun : Le top management de la SOCADEL entre en fonction

YAOUNDÉ, 06 mai 2026 (BI MEDIA) – Le paysage énergétique camerounais amorce une mutation institutionnelle majeure. La Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL), nouvelle entité publique de référence, a officiellement activé ses leviers opérationnels ce mardi 05 mai, à l’issue d’un Conseil d’administration inaugural tenu à Yaoundé. L’installation d’un directoire composé exclusivement d’expertises locales consacre la volonté de l’État de reprendre en main la souveraineté du secteur.

C’est dans le cadre feutré du Hilton Hôtel que s’est jouée, vingt-quatre heures seulement après la signature des décrets présidentiels de nomination, la mise en service du nouveau bras armé de l’État dans le secteur de l’électricité. Sous la présidence du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, assisté de son homologue du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, la SOCADEL a officiellement pris son envol.

Un directoire de technocrates chevronnés

La direction de la nouvelle structure repose désormais sur un triumvirat dont les profils allient expertise technique et expérience administrative. À la présidence du Conseil d’administration, Antoine Ntsimi, figure notoire de l’administration financière, apporte sa maîtrise des dossiers économiques de haut niveau.

La direction générale a été confiée à Oumarou Hamandjoda, 62 ans. Cet ingénieur de centrales, formé dans les universités russes et titulaire d’un Master en infrastructures hydroélectriques, quitte ses fonctions de directeur général adjoint d’Eneo Cameroun qu’il occupait depuis 2009. Son parcours, jalonné par l’enseignement supérieur et un passage au Secrétariat général de la Présidence de la République, est perçu comme un gage de stabilité pour cette phase de transition. Il est secondé par Jean Basile Ekobena, nommé au poste de directeur général adjoint.

L’impératif de la performance énergétique

Cette reprise en main par des managers locaux intervient dans un contexte de forte attente sociale. La mission assignée à la SOCADEL est vaste : elle hérite de la lourde charge de stabiliser l’offre énergétique nationale, d’étendre la couverture réseau et d’optimiser la gestion des infrastructures de production et de transport.

L’enjeu, pour Yaoundé, dépasse la simple réorganisation structurelle. Il s’agit de répondre durablement aux critiques récurrentes des usagers concernant la qualité du service. Le profil de « bâtisseur » reconnu à M. Hamandjoda sera ainsi mis à l’épreuve de la réalité du terrain, alors que le gouvernement mise sur cette nouvelle équipe pour incarner une gestion plus rigoureuse et transparente.

Une transition sous surveillance

Si la cérémonie d’installation a brillé par sa sobriété, elle marque néanmoins le début d’une course contre la montre. Avec un cadre juridique désormais complet et un top management installé, la SOCADEL doit rapidement faire ses preuves. Pour les observateurs du secteur, cette mutation constitue un test grandeur nature pour l’expertise nationale dans sa capacité à piloter le développement industriel et la transition énergétique du pays.

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