YAOUNDÉ, 06 mai 2026 (BI MEDIA) – Le rideau de fer est tombé sur l’enseigne Sino Mart. Par une décision signée ce mardi, le Sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé 1er a acté la fermeture temporaire de ce complexe commercial de référence. Cette mesure de sauvegarde, à la fois sécuritaire et judiciaire, fait suite à un scandale qui secoue l’opinion publique depuis quarante-huit heures.
Risque de troubles à l’ordre public
L’élément déclencheur est une séquence vidéo, devenue virale dimanche dernier, mettant en cause le management de l’entreprise dans des sévices corporels et des traitements jugés « inhumains » contre des employés de nationalité camerounaise. L’indignation numérique s’est rapidement muée en une colère de rue ce mardi matin. Des groupes de citoyens ont investi les abords de l’établissement pour exprimer leur réprobation, créant une situation d’instabilité immédiate.
Selon des sources concordantes, confirmées par les médias locaux, la fermeture aurait été facilitée par une demande directe des promoteurs de l’établissement. Face à l’imminence d’actes de vandalisme et à l’hostilité de la foule, la direction a sollicité l’intervention de l’autorité administrative pour garantir l’intégrité physique du bâtiment et de son personnel.
Poursuites judiciaires et arrestations
Sur le plan judiciaire, l’État a affiché une fermeté immédiate. Le parquet a diligenté une enquête pour « maltraitances et violences en milieu professionnel ». Selon des sources sécuritaires proches du dossier, les forces de maintien de l’ordre ont déjà procédé à l’interpellation de plusieurs suspects, dont des cadres de l’entreprise impliqués dans la vidéo incriminée.
Ces individus sont actuellement entendus par les services de la police judiciaire pour établir les responsabilités individuelles. L’enquête devra également déterminer si ces actes relevaient d’un comportement isolé ou d’une pratique systémique au sein de la structure.
Un enjeu de régulation sociale
Cette affaire remet au centre du débat public la question de la protection des droits des travailleurs et du respect de la dignité humaine au sein des investissements étrangers au Cameroun. En ordonnant cette fermeture provisoire, les autorités de Yaoundé entendent apaiser la rue tout en envoyant un signal clair sur l’application stricte de la législation du travail.
Pour l’heure, le supermarché demeure sous surveillance policière. La réouverture reste conditionnée aux conclusions de l’enquête administrative et judiciaire en cours, ainsi qu’au retour effectif à la sérénité dans le périmètre de l’arrondissement.



