YAOUNDÉ, 05 mai 2026 (BI MEDIA) – Le président camerounais, Paul Biya, a signé lundi un décret prolongeant le mandat des conseillers municipaux élus en 2020. Cette décision, qui repousse de facto les scrutins locaux à l’année prochaine, s’appuie sur une récente réforme du Code électoral vivement contestée par l’opposition.
Par le décret n°2026/166 du 4 mai 2026, le chef de l’État a acté le maintien en fonction des élus locaux au-delà de l’échéance initialement prévue. Selon les termes de l’article 1er du texte, le mandat des conseillers municipaux, entamé lors du scrutin du 9 février 2020, est prorogé du 1er juin 2026 au 28 février 2027.
Le décret précise toutefois que cette prorogation court « sauf tenue, durant cette période, d’élections municipales dans les conditions prescrites par la loi ».
Un cadre légal élargi
Cette décision présidentielle fait suite à l’adoption, en avril dernier par l’Assemblée nationale, d’une modification controversée du Code électoral. Cette réforme octroie désormais au Président de la République la prérogative de proroger de manière illimitée les mandats des conseillers municipaux.
L’exécutif justifie généralement ces reports par la nécessité d’un calendrier électoral soutenable, évitant ainsi le chevauchement de plusieurs scrutins majeurs sur une période restreinte.
Vers un calendrier électoral chargé en 2027Sauf accélération du calendrier, les prochaines élections municipales et législatives devraient donc coïncider en février 2027. Cette perspective cristallise les tensions politiques dans le pays.
- Critiques de l’opposition : Plusieurs figures de l’opposition et des représentants de la société civile dénoncent une manœuvre visant à « verrouiller le jeu démocratique » et à maintenir le statu quo politique.
- Contestations juridiques : Les détracteurs de la nouvelle loi électorale y voient un recul des acquis démocratiques, estimant que le pouvoir discrétionnaire accordé au chef de l’État affaiblit la régularité des cycles électoraux.
Parallèlement à cet acte administratif, le Président Paul Biya a également signé le même jour le décret n°2026/167, portant institution d’obsèques officielles en l’honneur de Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat décédé le 11 avril dernier.



