YAOUNDÉ, 3 juin 2026 (BCA) – Le Cameroun demeure en marge du groupe de tête des nations les plus industrialisées du continent. Selon la dernière édition de l’Indice d’industrialisation de l’Afrique (IIA), publiée par la Banque africaine de développement (BAD) et couvrant la période 2010-2024, le pays se positionne au 21e rang africain, échouant ainsi à intégrer le top 20.
Cette contre-performance relative souligne les défis structurels auxquels fait face la première économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Si le Cameroun affiche une volonté affirmée de transformation, il reste devancé, y compris au sein de son espace régional, par des pays comme le Gabon ou la Guinée équatoriale, dont les indices de performance industrielle sont jugés supérieurs par l’institution panafricaine.
Un modèle économique en transition
L’analyse de la BAD pointe une dépendance persistante au secteur primaire. L’économie camerounaise demeure fortement rythmée par l’exportation de matières premières brutes, telles que le bois en grume, le cacao et le pétrole brut, limitant mécaniquement la part de l’industrie manufacturière dans le Produit Intérieur Brut (PIB).
Plusieurs facteurs entravent le déploiement d’un tissu de petites et moyennes industries (PMI) compétitif :
Le déficit énergétique : Les contraintes liées au coût et à la fiabilité de l’énergie restent des obstacles majeurs pour les acteurs industriels.
Les défis logistiques : Les difficultés de connectivité et les pesanteurs administratives ralentissent la fluidité des échanges et la transformation locale.
Le pari de la compétitivité
Malgré ce constat, les autorités camerounaises entendent inverser la tendance. Le pays mise sur une stratégie de modernisation infrastructurelle, incarnée par des projets structurants à l’instar du port en eau profonde de Kribi. L’objectif est clair : accroître la valeur ajoutée locale pour sortir de la logique d’exportation brute.
Par ailleurs, le Cameroun place de grands espoirs dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Ce vaste marché commun est perçu comme le levier principal pour stimuler la compétitivité du secteur manufacturier national, attirer les investissements directs étrangers et favoriser une intégration plus profonde dans les chaînes de valeur régionales et continentales.



