YAOUNDÉ, 05 mai 2026 (BI MEDIA) — Le gouvernement camerounais a ouvert ce mardi 5 mai 2026 une session de revue intensive de son portefeuille de projets routiers. Présidée par le Ministre des Travaux Publics (MINTP), Emmanuel Nganou Djoumessi, cette rencontre de deux jours réunit l’ensemble des acteurs de la chaîne de construction pour lever les verrous qui freinent la modernisation des infrastructures nationales.
Dans une salle de conférences regroupant le Secrétaire d’État au MINTP, les responsables techniques, ainsi que les chefs d’entreprises et représentants des bureaux d’études, le Ministre a d’emblée fixé le cap : l’heure n’est plus à la présentation formelle des dossiers, mais à une analyse critique des performances sur le terrain.
Objectif : Fluidité et accélération
L’enjeu de cette revue, qui intervient à l’entame du deuxième trimestre de l’exercice 2026, est double : actualiser les chronogrammes d’exécution des chantiers actifs et sécuriser le démarrage de ceux dont les marchés viennent d’être attribués.
« Nos assises vont s’appesantir sur les difficultés et les contraintes que nous rencontrons, afin que nous puissions ensemble les lever pour avancer », a déclaré Emmanuel Nganou Djoumessi lors de son discours d’ouverture. Le membre du gouvernement a salué une amélioration notable de la circulabilité sur des axes stratégiques tels que Yaoundé-Douala et Edéa-Kribi, tout en rappelant que l’exigence de résultats reste de mise.
Pour le réseau structurant, qui s’étend sur plus de 18 000 km, l’objectif est clair : garantir une continuité du trafic avec une vitesse de circulation minimale de 60 km/h. Concernant les routes en terre, le Ministre a insisté sur une hiérarchisation des travaux en fonction de leur impact social immédiat.
État des lieux technique : entre satisfaction et contraintes
La première journée de travaux a permis d’examiner plusieurs projets phares. Parmi les motifs de satisfaction figure le bitumage de la section Edéa-Disangue (14 km), dans la région du Littoral. Tsang Messi, Chef de mission du projet, a souligné les avancées significatives tout en pointant du doigt la contrainte financière comme principal défi pour maintenir la cadence actuelle.
À l’inverse, d’autres chantiers font face à des réalités plus complexes. Sur le tronçon Mampang-Angossas (30 km), dans la région de l’Est, Armand Mvolo, Directeur adjoint de la mission de contrôle, a présenté un état des lieux détaillé des contraintes techniques qui pèsent sur l’avancement des travaux.
Vers une rigueur accrue du suivi
Le Ministre des Travaux Publics a conclu son propos liminaire par une mise en garde sur la gestion administrative des chantiers. Le renseignement du « journal de chantier » a été érigé en obligation non négociable. Cet outil est désormais considéré comme le baromètre quotidien de la mobilisation des entreprises sur le terrain.
Cette revue des projets, qui s’achève demain, mercredi 6 mai, devrait déboucher sur des solutions concrètes pour les sections critiques, notamment sur les axes Yaoundé-Ayos-Bonis ou encore la route nationale 3, alors que le Cameroun ambitionne de relever durablement le niveau de service de son patrimoine routier en cette année 2026.



