COTONOU, 25 mai 2026 (BI MÉDIA) – Le Bénin est entré dimanche 24 mai dans une nouvelle ère politique avec l’investiture officielle de Romuald Wadagni en tant que président de la République. Élu au premier tour le 12 avril dernier avec plus de 94 % des suffrages, l’ancien ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances succède formellement à Patrice Talon, qui quitte le pouvoir après une décennie de gouvernance.
Le protocole républicain a débuté au Palais de la Marina, à Cotonou, où le chef de l’État sortant a reçu son successeur pour une ultime entrevue à huis clos, marquant une passation de pouvoir solennelle et fluide. M. Wadagni s’est ensuite rendu au Palais des Congrès pour prêter serment devant la Cour constitutionnelle, présidée par Dorothé Sossa.« Une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations », a déclaré le nouveau chef de l’État dans son discours d’investiture.
Devant un parterre de plus de 6 000 invités, comprenant le corps diplomatique et des représentants de l’Alliance des États du Sahel (AES), la cérémonie a offert une image de décrispation politique intérieure inédite. Les anciens présidents Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi, figures majeures de l’opposition ces dernières années, étaient présents aux côtés de Patrice Talon. Les observateurs ont largement souligné la complicité et les échanges cordiaux affichés entre les trois anciens chefs d’État, un signal fort pour l’unité nationale.À 49 ans, ce technocrate de carrière et ancien cadre du cabinet Deloitte hérite d’un pays en plein dynamisme macroéconomique — une performance qu’il a lui-même orchestrée en modernisant les finances publiques pendant dix ans sous la présidence de son mentor.
Cependant, le mandat de sept ans qui s’ouvre s’annonce dense. Le président Wadagni devra concilier la poursuite des réformes économiques avec des défis majeurs, notamment la menace sécuritaire persistante liée aux incursions djihadistes dans le nord du pays, le coût de la vie pour les ménages, et les attentes de la société civile en matière de libertés publiques. Dès dimanche soir, le nouveau chef de l’État a dévoilé son premier gouvernement, composé de 24 ministres, mêlant continuité sectorielle et visages nouveaux aux postes clés de la Défense, de l’Économie et des Affaires étrangères.



